snif' quand même un peu...

snif' quand même un peu...
Une goutte d'eau salée
Comme une mer de "je sais pas"
Comme une paupière mouillée
Une larme me désarroie

Pleure pas mon amour, ça n'en vaut pas la peine
Demain sera nouveau, mes minutes t'appartiennent
Déjà, comme le reste de moi; et sur le mat de misaine
J'hisse un drapeau violet pour te dire "Je suis là"

Une trace sur la jetée
Une graine d'anonymat
Comme une mouette se moquerait
A la vue de ce qu'on laissera

On partira ensemble,
Loin du moche monde d'en bas;
Car d'un coup, la mer monte
La lune nous tend les bras.

Ris donc mon amour, ça en vaut bien la peine
Aujourd'hui est à nous les étoiles appartiennent
Aux amoureux brillant sous le mât de misaine
Il suffit que l'on s'aime et la lune nous attend

Une Goutte d'eau salée
Comme une mer de "j'aimerais bien"
Comme mon épaule mouillée
Une larme te fait du bien

Une fois là-bas on dira
Au gens de la lune, béats
Qu'on vient de là-bas, à la voile
Les amants viennent des étoiles

Danse donc mon amour, ça fait peur à la peine
Ce monde nous admire comme au centre d'un scène
Comme si on avait dit "Tirer sur les ficelles"
Et qu'au mât de misaine tanguait le nid de pie

# Posté le dimanche 20 janvier 2008 13:04

Modifié le jeudi 05 juin 2008 08:16

Gouttes de givre

Gouttes de givre
Comme les gouttes de givre qui reflètent la lune, diamants épars d'une lumière détournée. Comme une mouche rayée polluant de pollen les bourgeons, les transformant en fruits rougissant de pudeur; pourquoi brille t'elle ? D'une lumière volée à l'astre solaire, elle a fait des enfants qui la regardent en Dieu. Dans des milliards d'années peut-être, le soleil s'éteindra; et si la Sélénite, durant quelques minutes, s'accrochera encore au fantôme de ce souffre, jamais elle ne verra d'étoile de secours. Elle s'éteindra bêtement car s'il n'y a plus de jour, il n'y aura plus que des nuits. Le givre sans la lueur deviendra anthracite et la Lune regrettera ses rejetons lumineux: elle y voyait encore un espoir de salut.

Ne pleure pas la Lune: demain, il fera encore jour. On s'en fout de finir dans des milliards d'années ou d'éclairer encore alors des bijoux verre-glacés, ne regarde pas la terre ! Le Soleil te réchauffe. Lui a compris que demain tu refléteras encore et il brillera toujours pour voir ton corps céleste sourire de ses efforts. Dans des milliards d'années, quand le givre sera mort, ils joueront à l'éclipse. Il fera nuit et jour alors. L'abeille se perdra, la mandragore fanera; la Lune et le Soleil ne feront plus qu'un corps tout là haut dans le ciel,

et voilà.


illustré par atomheart

# Posté le dimanche 30 décembre 2007 08:47

Modifié le vendredi 04 janvier 2008 12:14

J'ai besoin d'elle

J'ai besoin d'elle
Je vivrai d'oiseau coloré
D'horizon bleue en tenu d'ève
J'ennivrerai le temps préssé
Et la mort me fera la grève

Je croirai même en l'infinie
En une vie post-heure dernière
Mais rien ne m'arrivera ici
Car pour mourir j'ai besoin d'elle

Enfant de Dieu, le grand, le fier
Je brûlerai les putains sans père
Progéniture d'Allah, mon frère
Prend ton fusil on ferra la guerre

Je vivrai d'êtres ensanglantés
De propagande et de chimères
Je verrai en l'immaculée
Le droit de les traiter de nègres

J'oublierai qu'il y a l'infinie
Que toutes les vies vallent bien la mienne
Et je mourrai en con fini
Car pour aimer j'ai besoin d'elle

illustré par atomheart
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# Posté le dimanche 30 décembre 2007 08:26

Hey le môme

Hey le môme
Hey le môme regarde toi putain
T'as même pas 18 ans, t'es d'jà un assassin,
Et le sang dégouline sur chacune de tes mains
Et ton fusil il rouille des pleurs des orphelins

Hey le môme merde, regarde toi:
T'es le haut de l'échelle, l'élite des soldats,
T'as pas compris qu'le type qui meure en face de toi
Lui s'bat pas pour la frime, lui se bat pour ses droits

Ah bravo le môme, tu sert bien ton pays
Et ton beau président, à 20 000 bornes d'ici
Oui tu sais, la torture c'est pas bien mais tant pis
D'façon, c'est pas un homme, c'est plus rien qu'un ennemi

Mais attention le môme, la guerre se finira
Tu serra plus l'élite, rien qu'un chômeur lambda
T'es galons tes médailles de boucher laisse les là
Récupère ton balais et si ça t'convient pas

Le môme pour toi y'a toujours une solution
Reconvertis-toi gamin, change de bataillon
Y'en a un qu'est pas mal, bleu avec des bâtons
Des matraques en métal, des cravattes en nylon

Tu verras le môme, t's'ras pas dépaysé
Les méthodes sont les mêmes sauf qu'on peut pas tuer
On préfère enfermer, on trouve ça plus marrant
Ca les fait réfléchir, pendant qu'ils pissent leur sang

Le môme tu finiras surjet chez les cathos
Ba oui les gosses t'aime bien, pourvu qu'ils aiment Rambo
Tu es l'ordre établi qui r'met dans l'droit chemin
Tous ces artistes hippies, tous ces fumeurs de joints

Et finalement le môme, ça s'ra la fin d'ta vie
Pas d'gloire pour les héros qui calanchent dans un lit
Toute ta vie t'as choisi d'obéir aux assassins
C'est tant pis pour ta gueule si tu meures comme un chien


illustré par atomheart

# Posté le dimanche 25 novembre 2007 09:22

the girl with caleidoscopeyes...je l'ai enfin trouvée (enfin j'ai cru)

the girl with caleidoscopeyes...je l'ai enfin trouvée (enfin j'ai cru)
Il a 16 ans, voyez vous ça ? et la barbe déjà, mange l'enfance sur ses joues. Son visage dessine un point blanc sur le ciel gris, faisant de ses yeux un soleil d'alcoolique. La cigarette lui tient le sourire aux lèvres, et la fumée bleutée se transforme en ombre dans son regard. D'ailleurs, son regard abandonne. Ses yeux abdiquent, cernés. Il regarde au loin, sans attendre rien, qu'un peu de musique, qu'une goutte de bière, qu'une bouffée bleue.

Mais elle a 14 ans, croyez vous ça ? Et la tristesse l'a oubliée. Elle n'a que faire de ses faux pas, ensemble ils pourraient bien être heureux. Et puis, il l'a prise dans ses bras; sans réfléchir, juste comme ça; et l'a gardée, si lontemps qu'elle est rentrée dans sa poitrine. Là, elle discuta un moment avec son coeur, un peu meurtri, un petit peu froid. Ils parlèrent d'amour et d'autre chose encore, et le coeur tomba amoureux.
Lui, ouvrit les yeux. Il posa sa cigarette et son sourire s'est effondré; mais depuis qu'elle est là, il garde aux commissures un baiser, un rire pour elle.

# Posté le dimanche 11 novembre 2007 06:17

Modifié le vendredi 18 janvier 2008 13:30

On ne s'aimera même pas sur la lune

On ne s'aimera même pas sur la lune
Les lumières de la ville brillent dans les goutelettes de buée de ma vitre. 1h08 et je pense à toi.Tu sais pourquoi je suis là, toi. Un jour tu es venue. Tu m'a sauté dans les bras et moi, j'en ai ris. Aujourd'hui je ris toujours, en espérant que peut être tu reviendra. J'ai mal de voir que tu es si loin. Pourquoi pas moi ? j'en ai assez.
Je déteste l'amour, je déteste aimer, POURQUOI JE DOIS T'AIMER ????
Il y a 1 ans, quand je t'ai reposée et que tu es partie, il est resté accroché à la boutonnière de ton manteau de laine.
Mon coeur est là, il pend sous ton nez, suffocant au milieux des larmes que tu verses pour tant d'autres que moi, et tu me laisse sourire quand je te vois; portant se triste trophée sur ta poitrine. Je ris de le voir ainsi, pendouillant bêtement, à te héler dans toutes les langues, de Moscou à Dublin.

Comme il a l'air bête ce coeur ! Mais comme je dois avoir l'air bête, moi, le torse béant vers n'importe qui en cherchant un coeur à voler pour remplacer le mien.
Et puis Aujourd'hui, des souvenirs.
Je me souviens de balles bariollées, Clopin de pacotille pour une Notre-Dame de la treille. Puis de chanter, puis de danser. Tourner en rond sur soi-même à St Petersbourg.
Et porter une écharpe pour réchauffer mon palpitant manquant. Et boire à l'amour à l'amitié et au reste
Pourtant un jour, je te volerai mon coeur. Pourquoi faut-il que je t'aime ? C'est étrange... Je n'aurais jamais pensé pouvoir me sentir comme ça avant. Avant, j'aimais tout seul. Je ne souhaitais pas vraiment être aimé en retour, juste que l'une ou l'autre dise oui. Et aujourd'hui qu'est ce que je veux ?
Je veux que tu me dises que je ne suis pas qu'un ami; pas parce que je t'aime, mais par besoin. J'ai besoin que tu aimes. Peut être que l'amour c'est ça. Être amoureux d'une part, mais avec ce besoin d'amour de l'autre, sans égalité. Je voudrais que tu m'aimes parce que je suis là.
Les gouttes d'eau m'hypnotisent. Chacune devient la larme que j'ai pris ce jour là sur ta joue, parce que tu avais froid, parce que tu aimais cet autre que je ne serais jamais. Pourquoi je t'aime ? Je m'étais promis de ne plus aimer. Ce jour là, j'ai arraché mon coeur et je l'ai jeté le plus loin possible.
Comment ce fait il que je le retrouve caché contre le tien, riant ensemble de ma surprise.
J'ai l'impression d'être ce Clopin, le fou, le bouffon, le saltimbanque; pris d'amour pour une statue de Notre Dame. Celle ci serait belle. Elle rirait, les yeux au ciel, et des diamands brilleraient aux coins de ses yeux. J'écorcherais mes doigts à force de guitare, et mes mots seraient des secrets à force de chanter. Et tu rirais à la face des anges. Et les passants riraient de mon visage Pierrot, de mes vêtements Arlequin, de mon amour Polichinelle. Mais déjà, le clown montrait en chaire; et les prêtres furieux le damneraient par avance. Et lui de te voir leur sourire, escaladrait le marbre jusqu'en haut des croisées d'ogive.
Alors, volant sous les clefs de pierre, effleurant les larmes les plus dures qu'il soit, il attendrait un "salut !".
Mais il est bien connu que les statues de marbre n'entendent pas les prières. Clopin sait bien que la rieuse ne lui répondra pas, mais il reste pendu, attendant qu'elle s'éveille; ou qu'un ange de passage, riant de son malheur le repose sur le sol, lui maquille un nez rouge, et danse avec le fou pour lui sécher les joues.

Désolé pour le titre; volé comme le reste.


J'ai froid


illustrated by atomhearth

# Posté le mardi 30 octobre 2007 14:47

Modifié le mercredi 31 octobre 2007 09:50

remember 1969

remember 1969
je me suis mis au dessin dernièrement...
merci à Benoid Baude pour la coloration

# Posté le dimanche 21 octobre 2007 08:52

Modifié le vendredi 04 janvier 2008 12:15

Good By Casimir

Good By Casimir
Good by Casimir
Dans les rues de ma ville
Tu es mort et l'on chie sur ta tombe
Far well Casimir tu as eu tort

Car aujourd'hui il est foutu le temps
Des rires et des chants
Adieu Casimir, lille aux enfants
Est pourie depuis longtemps

Pleure pas Casimir
Dans le trou où t'habites
Vas plutôt t'acheter un flingue
Car demain, tu deal
Dans lille aux trafiquants, ici
On ne pleure pas, on se venge

Viens avec moi
Je vais t'apprendre à être méchant
Dans les ruelles débiles
La gangrène, ça s'apprend
Tant pis Casimir, Vas-t-en

Et tous tes idéeaux, fout les-toi au fion
Fais t'en un rail ou une perfusion
Demain tu raquettes Casimir
Et tu surines pour du pognon
Demain t'assassine Casimir
Et on s'en fout si les enfants
Finissent junks ou pochtrons
Demain, tu les crèves Casimir
Et leur sang il sent bon


Good by Casimir
Dans les égouts de ma ville
Tu es mort et j'irai vomir sur ta tombe
Far well Casimir, je te rejoins demain

Car la mort c'est trop propre
Alors un autre viendra
Il chiera et dégeulera sur nos tombes
Et nous, comme des cons, main dans la main,
On pleurera


illustrated by Stenna Rousseau

# Posté le dimanche 16 septembre 2007 09:16

Modifié le lundi 17 septembre 2007 04:44