Que les puritains et les témoins de Jéhovah jubilent ! j'annonce pour bientôt la fin de la pornographie.
En effet, heureux les simples d'esprit qui n'auront pas remarqué que nous sommes envahis. Depuis le net (où elle représente 60% des sites actifs) jusqu'aux publicités pour les yahourts aux fruits (si, si, souvenez vous), la pornographie est une partie largement développée de notre environnement, et Dieu seul sait (oui, parce que même lui s'y interesse, ne serait-ce que pour s'en inquiéter) à quel point son influence est vaste. Mais qu'est ce qui se cache effectivement derrière ce long mot aux consonnances scientifiques ?Je propose donc d'en chercher la définition (oui, c'est un article interactif, vous pouvez cherchez chez vous et nous dire si vous avez trouvé pareil).
Là, nous (soit moi et ceux que ça interesse) avons un problème. Parce que d'après le Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales, la pornographie c'est "La représentation (sous forme d'écrits, de dessins, de peintures, de photos, etc.) de choses obscènes, sans préoccupation artistique et avec l'intention délibérée de provoquer l'excitation sexuelle du public auquel elles sont destinées", mais aussi "caractère(s) obscène(s) dans une oeuvre d'art ou en littérature".
Nous voilà bien. Finalement est-ce de l'art ou du cochon ? En tout cas, étymologiquement, c'est une image ou un écrit (ouvrez votre dictionnaire de grec)
Et c'est bien là le problème, parce qu'un livre -support traditionel du sus-dit écrit, ça se cache, ça se garde jalousement, ça se feuillette discrètement dans la nuit sous ses draps; bref, rien à voir avec l'étalage de vulgarité que nous propose le web et la télévision.
J'en arrive donc à la déduction suivante: si la pornographie se généralise, et en dehors des problèmes moraux, pédagogiques, voire religieux que ça peut poser, ça sera la fin de la pornographie (rapportez vous au paradoxe de l'émental avec ses trous: plus ya de gruyère, moins ya de gruyère)
Les adolescent(e)s (et la féminisation n'est pas qu'un soucis de parité) ne découvriront plus les pages des play-boys et autres FHM avec ce délice illicite que nous avons connu, tant ils ont baignés dedans. Et si Manara c'est pas du Zola, ça fait partie de la culture collective quand même !
N'oublions pas non plus que généralisation rime avec vulgarisation (là, je vous laisse un instant d'horreur à imaginer la vulgarisation de la pornographie avant de m'expliquer): Même si peu on jamais eu l'esprit assez ouvert pour voir l'art derrière l'être nu (c'est une image), la pornographie a longtemps été à classer dans les arts à part entière." l'Origine du Monde" de Courbet ou la tradition des estampes érotiques japonaises nous le rapellent encore.
Seulement quand aujourd'hui vous vous risquez à présenter se genre d'image à un élève de seconde basique (sans rien de péjoratif pour l'élève de seconde basique, c'est pas sa faute), il ne verra avec son air goguenard qu'une femme à poil. Si c'est pas domage !
Alors, pour la culture, pour l'art, pour l'avenir intellectuel de nos enfants (et de ceux des autres hein, on est pas chien), il faut déclarer l'union sacrée et combattre le flot incessant de l'obscénité lattente dans l'environement sur-écrantisé de nos fils et filles. Sinon, non content d'en faire des petits dégeulasses, on en fera des gros cons.
P.S: ça commence !! impossible d'illustré cet article avec Courbet. Alors comme j'ai l'ego aussi développé que le talent, je l'illustre moi même, na ! (et mort aux cons !)