mâcher les nuages

mâcher les nuages
Un coeur qui sommeille contre mon corps endormi
Un bijou, une lettre, une preuve de vie
J'en ai rêvé tu sais, en mâchant les nuages
En changeant le feu en volutes de mirages

Une tête posée, oubliée, en appui
Sur une épaule striée d'une cicatrice
Une tâche de naissance sur sa poitrine
A comme déteint à la faveur de la nuit

Et d'un commun accord ils détournèrent l'orage
Et survolèrent le monde assis sur un nuage
Un nuage à mâcher, un mirage à changer
En lettre sur une page, en mot de vérité

Un coeur qui se réveille dans mon corps endormi
Un bracelet, peut-être une chance d'être en vie
J'en rêve encore tu sais en mâchant les nuages
Et tu suces sur mes lèvres le sucre des mirages

# Posté le dimanche 15 juin 2008 10:23

Modifié le mardi 21 octobre 2008 08:48

écrivain

écrivain
Le voilà ce nez, regardez ! Il est doux, puissant, phallique. Il se dresse au centre de tout, ancré perpendiculaire, busqué, flottant. La ligne s'en décolle doucement, courbe et flatteuse, puis tombe, s'enfonce, disparaît. Disparaît dans deux buvars à vie, noirs, décadents; aspirant en chuintant l'existence, s'en emplissant pleinement en frémissant. En gonflant de satisfaction, il se bloque et tremble. Soudain, il éructe, se contracte, convulse. Il expulse cette vie dans une explosion de pus et de glaire venue de l'intérieur qui s'écrase sur le papier, dans le papier. Encore suintant, il recommence pourtant à inspirer de quoi se sentir être, plusieurs fois d'affiler, jusqu'à un nouveau spasme de refus, parfois si puissant qu'il mêle le sang à la morve. Mais il reprend son souffle inlassablement, sifflant de plus belle. Pourquoi vis-tu ? pourquoi n'es tu pas mort nez ?

# Posté le dimanche 25 mai 2008 12:27

Modifié le mardi 21 octobre 2008 08:48

jonque

jonque
C'est un fier vaisseau
Voguant, la proue écumante
Bavant la mer par l'écoutille
Bancale, verte, fumante

Encore tout chaud d'avoir porté
Les rêves des amoureux éconduits
Riant de pareille stupidité
Il file à l'Ouest, la mort le conduit

Il bât un pavillon ou rouge
Ou bleu ou jaune qui bouge
Et les couleurs s'y fondent en noir
Couvrant les flots d'un blanc brouillard

Il est beau mon navire
Mais en mer, c'est d'amour que le mal vous prend
Car ce bateau est un mal qui chavire
Les coeur et fait vomir les sentiments

Matelots, pirates, prenaient garde
Que ce bâtiment ne vous aborde
Et que d'en voir la sainte-barbe
Votre capitaine ne saborde
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# Posté le dimanche 25 mai 2008 03:59

même les alexandrins sont de travers

même les alexandrins sont de travers
J'ai peur devant l'espace nu de ma palette
Les couleurs à répandre se coulent dans ma tête
Les pensées se brouillent, les mots ainsi s'assèchent
La terreur du néant m'assaille mais je prêche

L'amour des êtres humains en plein coeur des arènes
Je pleure pour la paix mais mes larmes sont vaines
Sur le sable battu imbibé de leurs veines
La silice est rubis même si perle la peine

La vengeance m'appartient, la violence est humaine
Et la crucifiction n'est qu'un maillon de laine
Dépassant de la toile que Pénélope reine
Tisse à ses prétendants pour les garder en chaînes

Mon pinceau n'est que peu face à la tisserande
Et si ses cadres volent mes toiles encore attendent
N'étant face à la guerre qu'un édifice en cendre
Mes couleurs ne dessinent que choses à entreprendre

# Posté le lundi 12 mai 2008 08:56

berk

berk
Le ciel est noir tourbe par ma fenêtre et j'y vois se découper le flou de mon reflet, me cachant les étoiles. D'avoir fixer mon image, mes yeux fatiguent et suent; j'ai beau les talquer de musique, ils me démangent, me piquent et troublent mon regard.
Moi qui ne suis déjà pas net, pleurer m'embrouille.
J'idéalise ces larmes de fatigue, les croyant soulageantes, déversoires. Mais mes vraies peines ne coulent pas sur mon visage, elles coulent dans mes veines.
Et j'en ai la tête malade, noyée d'envies contradictoires; suffocante, étouffée par le poids de mes divergences. J'ai coupé ma seconde tête, il m'est poussé un second coeur. Et il bat à contre temps. Tandis que son frère tente de suivre la musique dans mes oreilles, lui danse sur je ne sais quel air à deux temps, à deux voix, binaire jusque dans les notes que radote un seul instrument. Déficient, il lui manque une clef. C'est un guitariste à qui il manque une case.
Oui, cet air me donne mal au coeur mais je ne peux m'empêcher de le respirer. Je le respire par mon second coeur qui le crache sur son frangin, comme un mélange de sperme et de rose. Ça sent le mensonge. C'est acre et doucereux mais ça masque le reste.

# Posté le jeudi 08 mai 2008 12:38

Modifié le lundi 12 mai 2008 08:37

fac simmilé

On reprend la plume dont on a fait tailler la pointe, pour en faire une bille, une cuillère à absynthe sans sucre, sans douceur, buvant juste l'amertume emeraude qui brouille les pensées. Les mots coulent les maux sur l'arbre mutilé, broyé, teind, grillagé de mauve et de sang.
Le ciel est inconnu, masqué par les nuages et mes mèches trop longues. On pense que derrière l'orage gris et sombre, le ciel reste bleu. Mais on ne fait que penser: si ce soir le ciel est une glace froide et lisse, elle ne singe que le charbon, les cendres noires. Car ce soir, j'ai perdu un morceau. Un médecin me déclarerait complet mais mon corps sait: mes jambes sont cottoneuses, mes mains tremblent, mon visage tombe. Je ne regrette rien, je n'ai pas de remord, car je t'ai perdue toi. Alors ma main glisse au ralenti sur cette feuille qui a souffert comme je souffre. Chaque mot est tracé comme un trait de maquillage, noyé par la paupière. L'oeil est le reflet de l'âme, j'ai l'âme humide. Mais rien n'échappe, rien ne perce. Le flot est dévié sur ce papier martyre qui suinte l'encre rouge. Cet encre favoris pris au hasard, le bleu lui manque pour être complet, il n'est donc plus que la couleur du manque, du clown qui étouffe car sa bouche est scellée. Scellée par une question qui ne lui échapera pas. Savoir ne sert à rien, comprendre est inutile. Il faut juste essayer de vivre sang.

# Posté le dimanche 04 mai 2008 13:06

Modifié le jeudi 08 mai 2008 12:06

je me lance dans le dessin

je me lance dans le dessin
enfait je me lance pas, je vous fais juste profiter pour la première fois

# Posté le jeudi 01 mai 2008 11:11

j'suis l'pornographeu...

j'suis l'pornographeu...
Que les puritains et les témoins de Jéhovah jubilent ! j'annonce pour bientôt la fin de la pornographie.

En effet, heureux les simples d'esprit qui n'auront pas remarqué que nous sommes envahis. Depuis le net (où elle représente 60% des sites actifs) jusqu'aux publicités pour les yahourts aux fruits (si, si, souvenez vous), la pornographie est une partie largement développée de notre environnement, et Dieu seul sait (oui, parce que même lui s'y interesse, ne serait-ce que pour s'en inquiéter) à quel point son influence est vaste. Mais qu'est ce qui se cache effectivement derrière ce long mot aux consonnances scientifiques ?Je propose donc d'en chercher la définition (oui, c'est un article interactif, vous pouvez cherchez chez vous et nous dire si vous avez trouvé pareil).

Là, nous (soit moi et ceux que ça interesse) avons un problème. Parce que d'après le Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales, la pornographie c'est "La représentation (sous forme d'écrits, de dessins, de peintures, de photos, etc.) de choses obscènes, sans préoccupation artistique et avec l'intention délibérée de provoquer l'excitation sexuelle du public auquel elles sont destinées", mais aussi "caractère(s) obscène(s) dans une oeuvre d'art ou en littérature".

Nous voilà bien. Finalement est-ce de l'art ou du cochon ? En tout cas, étymologiquement, c'est une image ou un écrit (ouvrez votre dictionnaire de grec)
Et c'est bien là le problème, parce qu'un livre -support traditionel du sus-dit écrit, ça se cache, ça se garde jalousement, ça se feuillette discrètement dans la nuit sous ses draps; bref, rien à voir avec l'étalage de vulgarité que nous propose le web et la télévision.
J'en arrive donc à la déduction suivante: si la pornographie se généralise, et en dehors des problèmes moraux, pédagogiques, voire religieux que ça peut poser, ça sera la fin de la pornographie (rapportez vous au paradoxe de l'émental avec ses trous: plus ya de gruyère, moins ya de gruyère)
Les adolescent(e)s (et la féminisation n'est pas qu'un soucis de parité) ne découvriront plus les pages des play-boys et autres FHM avec ce délice illicite que nous avons connu, tant ils ont baignés dedans. Et si Manara c'est pas du Zola, ça fait partie de la culture collective quand même !
N'oublions pas non plus que généralisation rime avec vulgarisation (là, je vous laisse un instant d'horreur à imaginer la vulgarisation de la pornographie avant de m'expliquer): Même si peu on jamais eu l'esprit assez ouvert pour voir l'art derrière l'être nu (c'est une image), la pornographie a longtemps été à classer dans les arts à part entière." l'Origine du Monde" de Courbet ou la tradition des estampes érotiques japonaises nous le rapellent encore.
Seulement quand aujourd'hui vous vous risquez à présenter se genre d'image à un élève de seconde basique (sans rien de péjoratif pour l'élève de seconde basique, c'est pas sa faute), il ne verra avec son air goguenard qu'une femme à poil. Si c'est pas domage !
Alors, pour la culture, pour l'art, pour l'avenir intellectuel de nos enfants (et de ceux des autres hein, on est pas chien), il faut déclarer l'union sacrée et combattre le flot incessant de l'obscénité lattente dans l'environement sur-écrantisé de nos fils et filles. Sinon, non content d'en faire des petits dégeulasses, on en fera des gros cons.

P.S: ça commence !! impossible d'illustré cet article avec Courbet. Alors comme j'ai l'ego aussi développé que le talent, je l'illustre moi même, na ! (et mort aux cons !)

# Posté le dimanche 06 avril 2008 11:20

Modifié le jeudi 01 mai 2008 11:05