Le loup (et sa gonzesse)

Le loup (et sa gonzesse)
Avant de te parler les femmes doivent savoir
Que tu n'uses de l'oreille que comme porte cigare
Mais à elle tu la prêtes avec l'espoir qu'elle te rende
avec de l'intérêt la grandeur de l'offrande
N'adressant à ces dames que propos tendancieux
T'es pas à la hauteur, tu n'es qu'un prétentieux
En regardant le mon,de tu ne vois que des médiocres
Alors tu disparais sous un masque tout fait d'ocre
Jusqu'à ce quelle te débusque et qu'un baiser rillant
Efface tes rictus comme un démaquillant
Tentant de faire passer un ange pour un vicieux
T'es pas à la hauteur, tu n'es qu'un prétentieux

Quand tu allais crier petit bourgeois fasciste
En portant sur ton front la foi de l'anarchiste
Tu lisais dans ses yeux qu'il n'y a de rivage droit
Que dans les aphorismes de l'esprit des étroits
L'intolérance chronique est réservé aux vieux
T'es pas à la hauteur, tu n'es qu'un prétentieux

Quand dans ton blouson noir tu joues du cran d'arrêt
Pour faire croire à la masse que tu tues pour de vrai
Le seul myocarde que tu espères percer
Et celui de la belle que tu viens d'enlacer
De vouloir te faire passer pour un mafieux
T'es pas à la hauteur, tu n'es qu'un prétentieux

Mais à force de prendre ton jeu a contrario
On finit par comprendre presqu'avec brio
Que tu n'es pas le coq que tu offres en pâture
A la foule en délire des moutons immatures
Et que tu es à la hauteur, qu'on peut prendre au sérieux
Ce que dit cette gonzesse en regardant tes yeux

# Posté le dimanche 19 octobre 2008 09:16

Modifié le jeudi 30 octobre 2008 13:00

Ô belle à la fontaine

Ô belle à la fontaine
Ô belle à la fontaine
J'ai soif d'un peu de ton eau
Elle a ri, la hautaine
Belle et froide comme l'eau

Chardon, mélilot, menthe
Par eux la plaine glanez
Et toi, ma chanson, chante
Qui sur mon malheur est née

Chante, chante, fontaine
Dont ne se flétrit pas l'eau
J'ai vieilli dans la peine
Menthe, chardon, mélilot

Maigres senteurs de terre
Point tôt fûtes-vous fanées
Que la belle trop fière
Dont m'ont vengé les années

Adieu, beauté hautaine
Mirée dans l'auge du c½ur
Où j'ai bu tant de peines
Et tant goûté de langueurs

Adieu, douleur fidèle
Par l'âge atteint sans pardon
J'ai revu les yeux d'elle
Mélilot, menthe, chardon

Jacques Douai

# Posté le dimanche 19 octobre 2008 09:03

Modifié le mardi 21 octobre 2008 08:46

la chasse aux lucioles

la chasse aux lucioles
Je n'ai pas pu te dire à danser dans tes bras
Combien de mots d'amour j'ai laisser dans mes draps
A t'écouter parler j'ai perdu ton oreille
A la chasse aux lucioles plus rien n'est plus pareil

attablée à mon dos tu lis le c½ur des autres
Et puis te me l'expliques moi je ne suis que l'apôtre
D'un livre confident plein d'onomatopées
Qui résument mes réponses et tu t'en es dopée

Tu te moques des sanglots des violons de l'automne
Et s'il pleure dans mon c½ur toi tu danses dans la ville
Tu comptes sur moi comme sombre dictaphone
Jamais tu ne sauras tous mes regrets débiles

Je n'ai pas su te dire à souffler sur tes joues
Combien de tendres peaux j'ai associer en, joue
Sur la touche palissandre d'une sorcière de houblon
A la chasse aux lucioles j'ai chanter ton prénom

Les serments sous alcool retiennent à la l'abandon
Sur le chemin des hommes les tristes illusions
Qui se forment sous les saules ces arbres sentiments
Et chacun s'en arrange à violer les serments

Quand bien le vin est beau je n'ai pas su te dire
Combien de foudre j'ai vidé à ton souvenir
Et tu ne te doutes même pas qu'en ramassant le son
A la chasse aux lucioles je t'écris cette chanson

C'est triste de marcher dans les forêts la nuit
Pour chercher la lumière d'un insecte qui luit
Papillon de papier songeant pauvre de lui
A la chasse aux lucioles j'irai chercher ma mie

# Posté le dimanche 19 octobre 2008 08:58

Modifié le mardi 21 octobre 2008 08:45

A la comédie de Française...

A la comédie de Française...
Un matin il se lève tiré d'un demi-rêve
Des plaintes mécaniques achèvent une nuit trop brève
Et il découvre un monde encore tout gris de nuit
Il laisse quelques secondes lui redonner la vie

Et puis il va pointer le nez à la fenêtre
Par un trou de serrure un monde de peut être
Des hêtres de béton qui fleurissent déjà
Illuminent glacés les autres tout en bas

Il aurait pu voler dans un avion vermeille
Ou chausser les lunettes d'un intellectuel
Creuser les librairies pour trouver des merveilles
Ou changer sa musique en contenu substantiel
Commencer Arlequin dans les rues parisiennes
Et finir Cyrano à la comédie Française

Il a envie d'écrire des montagnes d'excuses
Pour dire qu'il ne mérite pas cette froideur diffuse
Pour ne pas rejoindre le flot que les immeubles éclusent
Il s'invente déjà des maladies confuses

Comme il a peur du monde il le refait un peu
Avec quelques couleurs pour accrocher les yeux
Et puis pour lui répondre l'aube pointe déjà
La machine hurle encore à la vacuité des draps


Il aurait pu voler dans un avion vermeille
Ou chausser les lunettes d'un intellectuel
Creuser les librairies pour trouver des merveilles
Ou changer sa musique en contenu substantiel
Commencer Arlequin dans les rues parisiennes
Et finir Cyrano à la comédie Française

Le temps passe un peu l'aurore est déjà vieille
Quand il glisse son corps dans la même peau qu'hier
D'une tape amicale il étouffe son réveil
Pour venger son visage que trop de cernes rayent

Il prépare quelques notes, des cahiers et des livres
Il est en train d'apprendre à oublier de vivre
Qu'en se forçant un peu l'argent coulera à flot
Ce suicide collectif peut lui rapporter gros


Il aurait pu voler dans un avion vermeille
Ou chausser les lunettes d'un intellectuel
Creuser les librairies pour trouver des merveilles
Ou changer sa musique en contenu substantiel
Commencer Arlequin dans les rues parisiennes
Et finir Cyrano à la comédie Française

# Posté le dimanche 19 octobre 2008 08:38

Modifié le jeudi 30 octobre 2008 12:57

chanson pour lara

# Posté le mercredi 24 septembre 2008 12:36

Modifié le dimanche 28 septembre 2008 07:53

anatomie

anatomie
J'en ai appris des choses, du coeur, des oreilles. Autoroutes entrouvertes pour prendre le bonheur, en l'écoutant parler mon vieux, que de découverte ! J'ai appris qu'un petit cul ça ne vaut pas tant que la lune qui nous regarde s'embrasser, étonnée des nuages que font nos corps qui fument. Que des lèvres qui machent d'autres lèvres sauveront les amants nécrosés. Je ne vois pas pourquoi nous naissons seul alors qu'il faut être deux pour vivre bien, monstre bicéphale et monopalpitant.

Alors qu'on ne me dise pas que l'amour n'a qu'un temps
Car quand on parle d'amour le temps il nous attend
La vieille horloge s'arrête et revient en arrière
Pour l'écouter encore jusqu'à son heure dernière

Alors asseyons nous, j'en apprendrai encore. Je ne l'écoute même plus j'entends juste son corps et ça crie dans ma tête comme une fête paillarde, comme un milliard de fête et j'en reste hagard. Enfin j'userai mes fonds de cullotes à son école buissonière, ardente, A découvrir combien sont lourdes les larmes sans raison et que les mots sans prix, sans forme et sans parole sont ceux qui font les fiers quand le vent les envole. On est pas fait pour vivre. On vit. Il n'y a pas de but. De même l'amour n'existe pas. Il n'y a que des preuves d'amour.
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# Posté le vendredi 08 août 2008 12:12

Modifié le mardi 21 octobre 2008 08:47

pain d'épice

pain d'épice
Un peu acide sucrée salée
Sous tes paumes ma peau crisse
La nuque et les épaules halées
Comme une odeur de pain d'épice
Et je te suivrait sous ta douche
J'en rirais de ma peau beige
Comme un goût de boule de neige

Des prunelles amer café
Derrière des verres de vodka
Peut être un petit peu rayé
Mais c'est aussi un peu ton cas

Une douceur sur ta gorge
Volée comme un morceau de pain
Un goût de farine un goût d'orge
Une odeur de pâte au levain.
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# Posté le vendredi 08 août 2008 11:52

Modifié le mardi 21 octobre 2008 08:47

A potchemou ti platchech ?

A potchemou ti platchech ?
Sous un ciel de coton noirci
Elle se promène en grelottant
Elle a quinze ans. Déjà, sa vie
Lui semble immense. Pour l'instant.
Il commence a faire nuit ici
Elle a froid mais elle pleure tant
Que ses joues en sont toutes noircies
Le maquillage c'est pour les paupières sèches
A potchemou ti platchech ?

"Pourquoi tu pleures ?" entendit-elle
Lui mal rasé, la cigarette
Lui tenant le sourire aux lèvres
Il la fait rire sous ses lunettes
Elle a quinze ans et c'est noël
Son grand manteau lui donne l'air bête
Elle n'a plus froid mais lui il gèle
Chez nous la neige fait le coeur rêche
A potchemou ti platchech ?
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# Posté le vendredi 08 août 2008 11:34

Modifié le mardi 21 octobre 2008 08:47